Délégation Académique au Numérique Éducatif de Créteil


Tirer parti des nouveaux médias

13 sep. 2013 | Daniel Guillon-Legeay
Conférence de Marie-Cécile Michallet, documentaliste intervenant pour le CLEMI


 


L’éducation aux médias numériques pose deux questions. Tout d’abord, quelles compétences convient-il de faire acquérir aux élèves en matière de numérique, notamment de la seconde à la terminale ? Ensuite, et plus largement, comment accompagner les élèves vers une appropriation sociale d’internet, de manière à former des « cyber-citoyens avertis, raisonnables et responsables » ?

De fait, il existe déjà des dispositifs prévus et mis en place dans l’Education Nationale, qu’il s’agisse des repères pour la mise en œuvre du parcours de formation à la culture de l’information ou encore du Brevet Informatique et internet (B2i), intégré au socle commun des compétences. L’enjeu de la conférence est donc de s’interroger sur la meilleure façon d’assurer les apprentissages et l’éducation aux usages responsables des médias numériques, en particulier à l’usage des réseaux sociaux, tout en encourageant la créativité des élèves.


Dans ce cadre, certaines expériences menées sur le terrain permettent déjà de montrer l’exploitation qui peut être faite, sur le double plan pédagogique et éducatif, des possibilités offertes par les réseaux sociaux (Twitter, Facebook…) et/ou par les blogs, dans l’usage de la publication en ligne. En l’occurrence, il a été proposé à des élèves de jouer aux reporters. L’enseignant leur propose de suivre un événement d’actualité et de « tweeter » leurs commentaires, tout en se conformant à un certain nombre d’exigences : celles d’une orthographe et d’une syntaxe correctes et, d’autre part, celles d’une réflexion argumentée. Cette implication dans un débat en ligne et en temps réel place, de fait, les élèves en situation de devoir s’écouter mutuellement et, également, de s’exposer à la critique (celle qui peut leur être opposée par les commentaires des abonnés qui suivent le compte Twitter). On note à ce propos que tout se passe comme si les élèves s’affranchissaient de certaines inhibitions. Car, du fait de la publication en ligne de textes courts, ils perçoivent bien toute l’importance de rendre leur propos lisibles et donc intelligibles pour autrui. Or, ces exigences intellectuelles de clarté dans la présentation et de cohérence dans le discours argumentatif sont précisément celles qui les rebutent fréquemment dans les traditionnels travaux de rédaction qui leur sont proposés en classe.


Cette initiation à la pratique journalistique peut valoir pour elle-même. Mais elle peut aussi viser d’autres objectifs pédagogiques et plus largement civiques s’il s’agit, par exemple, de participer à un projet humanitaire. On voit donc que l’usage raisonné et encadré de plates-formes variées telles Twitter ou Facebook peut permettre aux élèves de se montrer créatifs. En outre, la production de ces séquences pédagogiques, conçues pour prendre appui sur l’usage encadré des réseaux sociaux, amène les enseignants et les élèves à se confronter à des questions juridiques afférentes au respect des personnes (le droit à l’image), des auteurs et des œuvres (le droit de l’image relevant du code de la propriété intellectuelle), des licences (« creative commons »).


En conclusion, il apparaît que la finalité de ces activités pédagogiques consiste à développer la créativité de l’élève et à diversifier ses conduites, en l’aidant à passer d’une pratique informelle à une pratique éveillée et normée de ces nouveaux outils de communication que sont les réseaux sociaux et les blogs.