Délégation Académique au Numérique Éducatif de Créteil

Rapport de l’observatoire académique des usages des TICE 2012

27 / 06 / 2013

I. INTRODUCTION

Le présent rapport expose les travaux menés par l’observatoire académique des usages des TICE dans l’académie de Créteil pour l’année 2012. La problématique centrale de ce rapport concerne l’analyse des conditions, des obstacles et des leviers qui peuvent entraver ou, au contraire, favoriser le déploiement du numérique à l’école sur l’ensemble du territoire de l’académie.

Ce rapport s’articule en trois temps. Tout d’abord, il présente les membres de l’observatoire, le protocole suivi ainsi que les établissements qui ont collaboré à cette enquête. Ensuite, il s’attache à exposer l’ensemble des observations recueillies en les organisant selon le point de vue des différents acteurs de la communauté scolaire (équipes de direction, enseignants, élèves, parents, inspecteurs). Enfin, il présente certaines préconisations faites par l’observatoire en relation avec les analyses faites sur le terrain afin de favoriser plus amplement le déploiement du numérique au sein de l’école.

Ces préconisations portent essentiellement sur deux points : l’importance et les modalités envisageables d’une formation « au numérique par le numérique » pour l’ensemble des personnels et, également, l’importance d’un pilotage pour pouvoir impulser une véritable conduite du changement à l’intérieur des établissements.

II. PISTES DE REFLEXION

L’analyse des situations montre au moins que le déploiement du numérique au sein de l’école comporte deux aspects : celui de la formation continue et celui du pilotage.

1. La formation.

S’agissant du problème de la formation continue des enseignants, il est possible de distinguer deux aspects. D’un côté, pour certains outils que l’on pourrait qualifier de « simples d’usage » (par exemple : le cahier de texte en ligne, la messagerie électronique), il apparaît qu’ils n’ont pas nécessité de grosses actions de formation du point de vue technico-pédagogique. Cela peut en partie s’expliquer par le fait que la plupart des enseignants possèdent déjà des compétences avérées dans le domaine du numérique (informatique, messagerie électronique, accès à l’Internet…) et, par ailleurs, qu’ils ne sont pas fermés au changement que constitue le déploiement du numérique au sein de l’école.

En revanche, pour d’autres outils que l’on peut qualifier de plus "complexes d’usage" (par exemple, les diverses fonctionnalités du TNI, l’exploitation des manuels numériques), le besoin d’une formation se fait nettement sentir. Sur ce point, le témoignage des référents TICE est très probant : ils sont énormément sollicités par les enseignants, soit pour une assistance technique, soit pour une formation pédagogique. Le fait est que les enseignants considèrent leur référent TICE comme le spécialiste du numérique et qu’ils ne distinguent pas toujours clairement ses réelles attributions (lesquelles sont essentiellement de coordination, d’impulsion et de formation). " Il est nécessaire d’avoir un référent TICE qui puisse aider les enseignants dans la prise en mains des outils et aussi dans le suivi du matériel" ; "il est nécessaire qu’il y ait une formation des collègues" ; " il y a des professeurs qui sont demandeurs de formation aux outils" ; "Il y a eu également des formations aux usages du TNI qui a été réalisée par le rectorat. C’est une formation technico-pédagogique"..

Par voie de conséquence, il semble nécessaire de généraliser et de faire connaître aux principaux usagers les dispositifs de formation déjà existants, que ce soit en présentiel (plan académique de formation, plans d’accompagnement des animateurs TICE départementaux) ou à distance (les fiches techniques et pédagogiques MediaFiches sur le site du Pôle Numérique de Créteil). Ces dispositifs devraient prioritairement s’adresser aux enseignants et se concentrer, pour le déploiement du numérique à l’école, sur les outils fondamentaux que constituent le Tableau Numérique Interactif, le cahier de texte en ligne, l’accès et l’usage des ressources numériques regroupées dans une Médiathèque Numérique ou encore l’animation d’un groupe de travail doté d’ordinateurs ou de tablettes individuelles. Mais encore, il est de la plus haute importance de former et de sensibiliser les usagers (enfants et adultes) aux enjeux du numérique responsable, pour qu’ils puissent connaître les possibilités (par exemple, "l’exception pédagogique") et les interdictions (confidentialité des données, respect de la vie privée d’autrui…) que la loi détermine pour encadrer les usages du numérique à l’école.

2. Le pilotage et l’encadrement.

Mais la formation ne fait pas tout. L’analyse des situations montre également l’importance du travail d’équipe, de l’impulsion de l’équipe de direction et de la disponibilité du professeur référent numérique. Car le numérique implique un environnement spécifique, une réorganisation collégiale des méthodes de travail, une ouverture de l’école sur le monde extérieur à plusieurs niveaux (par exemple : le partage des ressources entre collègues, ou entre établissements, ou la recherche et le traitement de ressources nouvelles disponibles sur Internet). C’est donc à une véritable opération de conduite du changement à l’intérieur de l’établissement qu’il convient de s’attacher. Elle doit reposer tout à la fois sur des moments d’impulsion (par l’équipe de direction, par les instances académiques), sur l’accompagnement à la prise en main des instruments et de médiation relevant du professeur référent informatique mais également l’appui des équipes académiques.

L’évaluation que nous avons réalisée a également montré que les outils doivent être aboutis ergonomiquement pour ne pas être refusés par les enseignants. Si cette condition n’est pas remplie, la formation ne peut compenser les difficultés de prise en main.

III. LA CONDUITE DU CHANGEMENT

1. Les avancées du numérique dans l’académie.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : la quasi-totalité des établissements de l’académie de Créteil disposent d’un ENT. Si l’on considère l’adhésion très nette que nous avons observée dans les établissements visités des personnels de direction, des enseignants, des élèves, des parents d’élèves aux divers usages du numérique, il est manifeste que l’académie de Créteil est déjà bien engagée dans la voie du déploiement du numérique à l’école. Le succès croissant du cahier de texte en ligne, de la messagerie électronique ou encore du tableau numérique interactif (pour ne rien dire des tablettes) en est la preuve. Nous n’insisterons jamais trop sur le fait que les ENT et le cahier de texte électronique sont en cours de généralisation dans l’académie, car ils constituent un lien permanent entre la classe et la communauté éducative qui entoure l’élève. En outre, nous avons pu observer le rôle fédérateur des ENT et du cahier de texte électronique, non seulement pour l’ensemble de la communauté mais encore pour les enfants malentendants ou encore dysphasiques ou dyspraxiques. Il s’agit donc là d’une avancée importante pour des intégrations réussies. En d’autres termes, l’école s’ouvre sur le monde extérieur et vit de moins en moins "entre les murs".

2. Accompagner le changement.

Plus largement, nous sommes en face d’un processus de conduite du changement global. Ce déploiement met en évidence plusieurs axes de travail sur lesquels nous devons avancer avec nos partenaires afin de pouvoir faire évoluer les pratiques pédagogiques, les modes de fonctionnement et, en définitive, réussir le passage de l’école au numérique.

Avec l’observatoire nous avons mis en évidence qu’une grande part du changement s’appuie sur la complémentarité entre, d’une part, la vision stratégique (sur le plan académique et sur le plan local), d’autre part la volonté de l’équipe de direction et, enfin, la motivation des équipes pédagogiques. Et surtout, toutes les observations ont montré l’importance du professeur référent informatique qui constitue un véritable médiateur entre la technologie et les usages pédagogiques. Pour autant, le référent TICE ne peut mener à bien sa mission de coordination, d’impulsion et de formation que s’il sait pouvoir s’appuyer, dans le cadre d’une stratégie académique d’accompagnement du changement, sur les équipes académiques. Une telle stratégie d’accompagnement doit nécessairement s’appuyer sur la complémentarité entre les équipes du Pôle Numérique, l’assistance technique réalisée par les équipes de la Direction des Services Informatiques (DSI), les partenaires et les formations disciplinaires ou transdisciplinaires du plan académique de formation (PAF) pilotées par les corps d’inspection.

Cependant cet accompagnement perd de son efficacité lorsque les problèmes techniques et ergonomiques des applications sont importants. Cette remarque vaut tout d’abord pour l’ENT. Comme nous l’avons vu, la disponibilité de l’ENT dès le premier jour et sa simplicité d’utilisation sont autant des facteurs de réussite incontournables ; mais dans le cas contraire, les fragilités du nouvel ENT sont susceptibles d’engendrer des refus durables et sur lequel il est difficile de revenir. Par conséquent, tout nouvel ENT doit rapidement montrer sa pertinence et sa fiabilité pour ne pas être rejeté. Mais cette remarque vaut également pour tous les autres outils numériques. Or, nous avons pu observer que si l’usage des TNI dans les classes est plébiscité par les enseignants autant que par les élèves, il continue néanmoins de poser certaines difficultés (notamment en raison d’un équipement encore insuffisant dans certains établissements). Il apparaît également que les ressources proposées par les manuels numériques ne sont pas toujours en phase avec les besoins spécifiques des enseignants (en termes de contenus et de maniabilité).

CONCLUSION.

L’entrée du numérique à l’école modifie en profondeur le paysage scolaire et, de ce fait, soulève inévitablement plusieurs questions ; parmi elles, certaines sont d’ordre technique, d’autres sont d’ordre éthique. Sur le plan technique, il va de soi que les dysfonctionnements des serveurs ou des liaisons gênent l’utilisation des ENT et sont toujours préjudiciables pour tous les membres de la communauté scolaire. Mais ces transformations du paysage scolaire doivent aussi être accompagnées sur le plan éthique. En effet, chacun des usagers du numérique doit être conscient de ses droits et de ses devoirs. Il s’agit en l’occurrence, pour tous les éducateurs (enseignants, parents, chefs d’établissements…) d’aider les enfants à développer une approche responsable des usages du numérique, car si bien des choses sont techniquement possibles, elles ne sont pas pour autant toujours acceptables ni parfois légalement autorisées. Ainsi, l’usage intensif que les jeunes ont du téléphone portable, d’Internet, ou encore des réseaux sociaux (les comptes Facebook) est une réalité qui interpelle les adultes dans leur tâche éducative. Il ne s’agit évidemment pas d’interdire ces usages du numérique, mais bien plutôt de les anticiper, de les intégrer dans nos pratiques pédagogiques et de les accompagner, en expliquant et/ou en rappelant ce que dit la loi, qu’il s’agisse du respect des personnes, de leur image, de leur vie privée, ou bien encore du droit de la propriété intellectuelle.

Le déploiement du numérique éducatif au sein de l’académie de Créteil est significatif. L’enjeu est aujourd’hui de préparer les citoyens de demain à vivre dans un monde en évolution continuelle et à acquérir de l’autonomie dans les apprentissages. Pour cela il s’agit pour nous de déployer les usages en généralisant de nouvelles pratiques éducatives et pédagogiques.

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Documents

  • observatoiretice_2012-2.pdf
  • 26 / 06 / 2013

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