Délégation Académique au Numérique Éducatif de Créteil

Le numérique chez l’enfant et l’adolescent (3/5)

09 / 10 / 2013 | DGL
Conférence de M. Michaël STORA, psychologue.

III. Le rapport à l’image : ce qu’il nous apprend sur le monde et sur nous-mêmes.

La génération montante est-elle une génération mutante, vouée à l’obésité et menacée de sombrer dans l’autisme ? Cette vision sombre est caricaturale et, surtout, elle est erronée. En fait, elle sous-entend que, du fait de leur immaturité, les enfants et les adolescents seraient subjugués par la puissance des images, tandis que les adultes, êtres matures et raisonnables, entretiendraient un rapport plus critique, plus distancié avec les images.

Sur ce point encore, M. Stora nous invite à reconsidérer de tels a priori. Car un récent sondage affirme que : « 90% des Français de plus de 40 ans pensent que tout ce qui est dit au journal de TF1 est vrai. ». Ces résultats inquiétants tendent à prouver que les adultes ne sont pas forcément mieux armés que les enfants et que les adolescents pour affronter la puissance de fascination des images. Il se pourrait même que de nombreux adultes y succombent plus facilement. Ce paradoxe peut s’expliquer par le fait que les adultes ont souvent, devant la télévision, « une perception païenne des images » qu’ils ont tendance à « sacraliser ». En d’autres termes, ils confondent l’image des choses avec la réalité des choses. Seulement, ils n’ont pas toujours clairement conscience de l’écart qui sépare nécessairement ces deux plans (l’image et la réalité). Or l’image est, par essence, une représentation du réel, une mise en scène du réel. Elle constitue un discours sur le monde réel et reste la plupart du temps soumise à des considérations variables, à des logiques complexes (esthétiques, sociales, idéologiques, politiques, économiques...).

En revanche, s’agissant des enfants et des adolescents, M. Stora avance l’idée que le rapport avec l’image ne s’effectue pas de la même manière que chez les adultes. En effet, la pratique des jeux vidéo ou des tablettes tactiles leur permet de manipuler l’image au moins autant que l’image ne les manipule à leur insu. Curieusement, les enfants et les adolescents, grâce au geste interactif et au mouvement de leurs corps (la manette de la console, la souris de l’ordinateur, l’écran tactile du Smartphone ou de la tablette), peuvent modifier les images et le scénario qui leur sont présentés. Ce faisant, ils sont plus à même de comprendre la véritable nature de l’image : elle une représentation, une mise en scène des choses.

Ainsi, les adultes ont peut-être tort de croire que les enfants et les adolescents sont incapables de faire la différence entre la réalité et le jeu. Le risque est certes plus grand chez les jeunes enfants. Mais en grandissant -et sauf pathologie- les enfants apprennent faire la différence entre le réel et l’imaginaire…. Le reste est affaire d’éducation, une éducation à l’image précisément.

Vous trouverez la suite de la conférence en cliquant sur le lien suivant :

http://datice.ac-creteil.fr/Le-numerique-chez-l-enfant-et-l-adolescent-493

Daniel Guillon-Legeay

 

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